I’ll cover you my lover

in cover of the night

uncovered our two figures

brighter than the light

 

Depuis l’année 2011, quand les bijoutiers Van Kueken sont partis du 63 rue du Houblon, il n’y a plus rien –  plus d’or, plus de pierres – dans le gros coffre fort qui est posé au milieu de la petite salle dans l’entresol. On dit qu’ils y ont laissé la moquette et des étagères et dieu sait quoi encore. De toute manière la porte est verrouillée et même les deux ouvertures qui servaient jadis à respirer en cas d’enfermement accidentel, sont obstruées. Alors l’idée d’y pénétrer peut nous traverser l’esprit – parce qu’un coffre fort qui peut vous contenir tout entier et même à plusieurs, c’est tout de même quelque chose ! Mais que cela soit dit – comme émanant d’une autorité supérieure qui se matérialise en creux par la perte d’un code et la disparition d’une clef : Personne n’y entrera plus jamais ! Alors en regardant le gros cube mutique, si l’on se met à y réfléchir, la moquette, les étagères et dieu sait quoi encore, à l’intérieur, peuvent devenir des pensées un peu entêtantes. Comme des choses éternelles ou comme des pierres sacrées. « Est-ce que la poussière se dépose ou pas sur des étagères bouclées à tout jamais dans un coffre fort ? »

Le coffre a également ceci de particulier – pour un coffre de ce volume – qu’il n’est pas encastré dans un mur. On peut – faute d’y pénétrer – en faire le tour, pour tenter de le cerner. La petite salle de l’entresol dont il occupe le centre, devient alors (au début du printemps) la piste d’un rite circum ambulatoire collectif pendant lequel, la foule (qu’elle peut contenir), tourne et fait tourner autour du monolithe opaque, toutes les questions obsédantes relatives à la moquette, les étagères et dieu sait quoi encore.

Text for the show Participants in Mystery at Artists Club / Coffre Fort (text by Ištvan Išt Huzjan / Grégoire Motte)